LZD | Machin La Hernie
SONY LABOU TANSI - MARTILLIMI LOPEZ - DIEUDONNÉ NIANGOUNA COMBAT DE PROSE-PROSE DE COMBAT
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MACHIN LA HERNIE

« C'est clair Machin la Hernie n'est pas un livre raisonnable, pas plus que le spectacle en découlant, qui promet un solo de neuf heures si on traitait sur scène l'intégralité du roman!

Voir dossier artistique et dossier de presse dans ESPACE PRO

Pour apprivoiser le monstre, nous choisissons de faire entendre cette voix inouïe, progressivement, par étapes dans les théâtres et autres lieux qui, au cours des deux années à venir, accepteront d'accompagner cette expédition. Découper la bête en épisodes dont on rêve, in fine, pouvoir les présenter un jour tous rassemblés. Un acteur seul sur un plateau nu; un musicien dans l'ombre.

Dans Machin la Hernie il y a un homme, Martillimi Lopez, qui à lui seul par la parole en fait exister un milliers d'autres. Il décrète le culte national de ses organes génitaux (comme chez Rabelais, l'humanisme en moins?), sa honteuse hernie, en emblème et solution de la Nation. Il parle sans ponctuation, du pays, du monde, et surtout de lui-même (une ruine intime qu'il nous conduit à visiter, comme chez Céline?) en passant du je au il puis au nous en plaintes brillantes, en dénis grandioses.

Il met en scènes ses supposés sujets, ses ennemis, ses collègues présidents des autres pays, ses putains, ses fantassins, ses artistes, son peuple, ses femmes, ses journalistes, sa mère, ses généraux etc. Manipulateur odieux, inspiré et envoutant des autres et de sa propre palilalie*, Martillimi Lopez ouvre brutalement pour nous le livre oral de son destin dérisoire qu'il imagine messianique (comme le Quichotte de Cervantes?) et qu'il ne peut refermer.

Réflexion ironique et satirique sur la vanité du pouvoir et l'échec de la puissance, sur le besoin d'être aimé, sur la condition masculine et la solitude, à ce stade-ci de la démesure on peut se demander si Machin la Hernie n'est pas aussi une métaphore de l'Artiste en général et de l'Acteur en particulier qui ne pouvant dominer le monde en est réduit à l'interpréter…

Confier cette partition monstrueuse à l'acteur Dieudonné Niangouna (compagnon de travail depuis presque vingt ans) relève presque de l'évidence. Dieudonné Niangouna met en scène comme il parle, parle comme il écrit, écrit comme il joue : brûlant la chandelle par les trois bouts. Locataires de la langue française (avec quelques loyers payés d 'avance) Sony et Dieudonné longent la même nuit côte à côte. Alors, la dérision et la parodie, la honte, le pressentiment de la démesure de l'horreur, la quête amoureuse dans l'œuvre de Sony, la folie et la peur, le chagrin et l'insolence, le sexe dément, la rage, le rire ignoble que porte comme nul autre l'acteur Niangouna, sont choses familières pour ces deux poètes. Les héros de la civilisation du désastre qu'ils écrivent ou incarnent, qu'ils soient tyrans ou petits garçons de cour, dessinent les contours d'une même silhouette d'homme masculin. Mais ne nous y trompons pas, il n'a rien de spécifiquement congolais ou africain, cet homme acteur, jouisseur et victime du chaos. Il a uniquement les qualités de l'homme moderne : agité, perdu, amoureux, sale, incohérent et puissant.

L’homme tout court dans ce monde ci, incapable de se résigner avec son désir et sa peur au ventre. Un homme honteux qui reste affreusement triste et seul avec les mots de son interminable révolte, son interminable agonie ».
Jp Delore
Distribution
Textes : Sony Labou Tansi (Revue Noire Editions)
Adaption et mise en scène : Jean-Paul Delore
Avec : Dieudonné Niangouna et Alexandre Meyer
Musique : Alexandre Meyer
Collaboration artistique et costumes : Catherine Laval
Vidéos : Sean Hart
Régie générale : Bastien Lagier
Ils en ont parlé...
Phénoménal ! F. Roussel / Libération
Le metteur en scène jean paul Delore jette le tourbillonnant Dieudonné Niangouna dans le verbe fleuve de Sony Labou Tansy. Pour la vérité passé et présente de l'histoire... J.L Perrier
Représentations
Du 13 au 16 avril / Le TARMAC / Paris http://www.letarmac.fr/